Picasso: Paris sans Casagemas (1901)


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Woordjes Frans, Frans lezen
Imparfait, passé simple (verleden tijd)
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Picasso rentre à Paris

Comment réagit Picasso au suicide dramatique de son meilleur ami Casagemas? Avec qui va-t-il partager son logement maintenant que Casagemas n’est plus là? De retour à Paris Picasso est devenu plus vieux:

    “En juin 1901 Picasso était de retour à Paris. Il avait été absent six mois, mais il avait beaucoup mûri… Son compagnon cette fois était Jaume Andreu Bosoms un vieil ami d’Els Quatre Gats. Mais quelqu’un restait encore plus présent…c’était Casagemas. Manyac s’était arrangé pour qu’il eût l’atelier de Casagemas, au 130, boulevard de Clichy, juste à côté de l’Hippodrome, le restaurant où il avait mis fin à ses jours’ [Picasso créateur et destructeur, p. 76]


Manyac partout

Manyac continue à tisser sa toile autour de Picasso. Celui-ci est de plus en plus dépendant de Manyac.

Pere Manyac, d'une trentaine d'années, est marchand de tableaux et fasciné lar Picasso. De lui Picasso reçoit 150 francs chaque mois pour ses peintures.

Pere Manyac, d’une trentaine d’années, est marchand de tableaux et fasciné lar Picasso. De lui Picasso reçoit 150 francs chaque mois pour ses peintures.

    “Manyac s’était arrangé aussi pour habiter le petit studio qui comprenait une minuscule entrée et une chambre, avec une salle de bains sur le palier. Peu après qu’il eût emménagé avec Manyac, Picasso peignit un portrait de lui, son attitude provocante et sa cravate rouge lui donnant l’air d’un matador…” [Picasso créateur et destructeur, p. 76-77]

 Portrait de Gustave Coquiot (Picasso1901). Picasso fait ce tableau sur le conseil de  Manyac.

Portrait de Gustave Coquiot, critique d’art (Picasso 1901). Picasso peint ce tableau sur le conseil de Manyac.

Manyac, stratège marketing

    “En même temps qu’il était le protecteur et le gardien, Manyac était le stratège. Il présenta son jeune protégé à ses amis, l’emmena aux courses et dans les endroits à la mode comme le Jardin de Paris et lui demanda de dessiner les gens qu’il considérait comme des clients potentiel. Il lui fit rencontrer Ambroise Vollard (N.R. marchand de tableaux de Cézanne et de Gauguin), à qui il avait persuadé d’organiser une exposition. Il lui dit de faire un portrait de Gustave Coquiot le critique d’art qui devait présenter l’exposition de Picasso, et de lui offrir. Il contribua à sélectionner les soixantes-cinq toiles qui représenteraient la riche diversité du génie de Picasso [alors âgé de 20 ans].” [Picasso créateur et destructeur, p.77]

L’exposition est un succès et il y rencontre celui qui sera un très bon ami, le poète Max Jacob.

Tout quitter

 L'enterrement de Casagemas (Picasso, 1901)  Cérémonie à laquelle il n'avait pas assisté, puisqu'il se trouvait à Madrid.

L’enterrement de Casagemas (Picasso, 1901)
Cérémonie à laquelle il n’avait pas assisté, puisqu’il se trouvait à Madrid.


Et pourtant la relation avec Manyac devient étouffante, leurs rapports sont très tendus et les conflits incessants. Picasso a commencé sa periode bleue, il est obsédé par la mort de Casagemas, tourmenté par le désespoir et la solitude. Il représente un monde de souffrance et de résignation. Manyac n’apprécie pas ce changement de style, invendable.

    “Picasso commençait à brûler d’envie de quitter l’atelier du boulevard de Clichy qui, depuis ces derniers mois, était dominé de façon assez sinistre par la plus grande toile qu’il eût peinte à Paris: l’enterrement de Casagemas. Grâce à sa taille, elle pouvait aussi servir de paravent, cachant toutes sortes d’objets que Picasso ne pouvait pas supporter de jeter. Obsédé par le souvenir de Casagemas, il était obsédé maintenant par la présence de son enterrement dans sa propre chambre. Et puis, il avait de nouveaux remords à exorciser pour avoir, à son retour à Paris, couché avec Germaine, la femme que son ami avait si désespérément aimée. Travaillant dans l’atelier qui avait été le dernier domicile de Casagemas, il fit plusieurs étranges portraits de son ami dans son cercueil.” [Picasso créateur et destructeur, p.82]

Picasso a besoin de quitter non seulement Manyac, mais Paris aussi. Il veut tout quitter et rentrer à Barcelone:

    “Sa vie se mit soudain à tourner autour du courrier. Dans son besoin de se libérer de Manyac, il s’était adressé à Don José [son père]. Dépendre de son père lui semblait pour l’instant un faible prix à payer pour échapper à son protecteur.” [Picasso créateur et destructeur, p. 83]

NB:
Pour voir l’oeuvre de Picasso par ordre chronologique faites clic sur la ligne bleue: Oeuvre de Picasso

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